J’essaie de ne pas bouger (Portrait de la femme mystérieuse) (Gilles)

J’essaie de ne pas bouger. Il faut vraiment que je tienne la pause. Il m’a demandé de prendre un air mélancolique. Mais moi, je ne sais pas ce que c’est la mélancolie ! Moi, je suis gorgée de vie comme une orange mûre. Je me demande à quoi je vais ressembler. Zut ! J’ai oublié de me passer la main dans les cheveux pour aplatir mes mèches rebelles. Je dois être hirsute ! Pourquoi me regarde-t-il avec cet air-là ? J’ai un truc sur le nez ou quoi ? Zut, zut ! Je n’aurais pas du y penser. Maintenant, j’ai une furieuse envie de me gratter le nez. Aïe, aïe, aïe, c’est terrible ! Allez, Mathilde, pense à autre chose. Ah oui ! Le déjeuner avec Marie, ma copine de collège. Qu’est-ce qu’on s’est bidonnée toutes les deux en passant revue tous nos anciens camarades de classe ! Sacrés souvenirs ! Noooon, ça me démange encore ; ça me démange, ça me démange… Pas gratter, Mathilde, pas gratter. Couchée ! Tranquille ! Voilààààà, comme ça ! C’est bien. Bon, qu’est-ce que je mange ce soir ? Ah oui, mes succulentes lasagnes aux épinards. Miracolo ! ça ne me démange plus ! Merci les épinards !

Gilles Donada

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *