Éros, 
pages dévoilées

Dans un esprit de partage, les écrivants de l’atelier d’écriture créative Éros publient leurs textes ici et sur la page instagram des ateliers.

Un homme sexy, c'est un homme...
consigne d'écriture : une liste

Un homme sexy, c'est un homme...

... en uniforme
... qui pleure de joie ou de tristesse
... qui sait parler aux hommes
.... qui écoute les femmes avant de parler
... qui s'habille avec soin
.... créatif, dans sa façon de s'habiller, de meubler chez lui
.... qui sait écrire
.... qui prend soin de son corps, sans le vénérer
... qui fait silence
... qui ose la confrontation quand il n'est pas d'accord
... qui sait se remettre en question
... qui est relié au divin
... qui part longtemps (marche, voile) 
... qui affronte les éléments naturels hostiles (pluie, tempête, désert, etc.)
... qui danse en se moquant de ce qu'on dire et penser de lui
... qui exprime sa douceur par les mots et par les gestes
wolf, animal, wildlife
Galand de Liso
Éros #5
La morsure
consigne d'écriture : lieu imposé - la forêt, motif imposé - la morsure

La luminosité baisse minutes après minutes, le soleil qui se cache derrière les arbres de la forêt noir et laisse place à des doux rayons lunaires. Il est l’heure, la soif de désir traverse l’intégralité du corps de Léonor, son cœur sans vie palpite lorsque pénètre à pas de loup dans la forêt interdite. Les crocs aiguisés, elle repère un passant imprudent qui te balade parmi le feuillage. Sans un bruit elle approche de lui, saisi son corps qu’elle allonge sur la mousse humide d’un arbre majestueux. Ses lèvres colorées embrassent la gorge du promeneur, ce baiser jusqu’à là sensuel se transforme en morsure jouissante et passionnée lorsque les crocs de Léonor s’enfoncent dans la chère encore chaude de sa proie. Le rouge écarlate de ses lèvres se mêle au rouge sang qui dégouline sur le coup innocent de la victime. Sauvage et vitale, cette morsure comble Léonor de plaisir. Le rouge fait tâche sur les feuilles verdoyantes du paysage. Le brouillard du soir camoufle la scène, seul le bruit des vibrations des deux bouches, mordant et l’autre criant, se déploie à travers le silence de la forêt noir.
Lorelei Gaunn
Éros #3
L'extravertie et la bête
consigne d'écriture : dialogue d'après des archétypes

- Déshabille-toi !
- Je préfère m'effeuiller
- Baisse-toi !
- Je préfère m'épancher
- Suce -moi !
- Je préfère déguster
-
- Voulez-vous me faire rire ?
- Je préfère te faire taire
- Voulez-vous me caresser ?
- Je préfère te doigter 
- Voulez-vous m'embrasser ?
- Je préfère t'enculer
M. De Robert
Éros #3
L'homme sur le divan
consigne d'écriture : description d'après modèle

A moitié allongé sur un divan noir, il est nu, complètement. 
Un jeu d’ombre et de lumière sur son corps. Une posture non chalante, délicate, déposée. Mon regard se dépose d’abord sur son torse fin et ferme, légèrement velu entre les tétons, il est soyeux. 
Ma main pourrait s’y déposer pour le faire cloûter! Son masculin se révèle férocement à son épaule, son bras. Des muscles saillants, lisses. Sa main retombe avec douceur et présence. J’effleure à peine ses lèvres inspirantes par leur galbe généreux, et je descends le long de son torse pour rejoindre son ventre velouté, légèrement moelleux qui me donne l’envies d’y poser ma joue. Et puis il y a son sexe, là, reposé entre ses cuisses tranquilles, à l’aise. Avec gourmandise, il pointe vers moi comme s’il me demandait un baiser.
flower, rose, petals
Lady Kiss Rose
Éros #5
Je désire
consigne d'écriture : une liste dont toutes les phrases commencent par : Je désire

Je désire croquer ce sablé
Je désire marcher pieds nus sur le parquet
Je désire sentir la fragrance de ton cou
Je désire glisser ma main sur la partie haute et intérieure de ta cuisse gauche.
Je désire aspirer la fumée de ta cigarette à tes lèvres
Je désire te regarder silencieusement dans les yeux longtemps. Longtemps.
Je désire goûter de la pointe de ma langue le sel sur ta peau.
wolf, animal, wildlife
Galand de Liso
Éros #1
Je, Tu
consigne d'écriture : une liste dont toutes les phrases : Je te... et/ou Tu me...

Je te serre / Tu me presses
Je te caresse / Tu m’empresses
Je te bâche / Tu me mixes
Je t’attache / Tu me fixes
Je te touille / Tu me chatouilles
Je te fouille / Tu me laisses faire
Je te souille / Tu t’en barbouilles
Je te barbatruque / Tu me plais.
Jimz Lust
Éros #1
Contrecarré
consigne d'écriture : placer un fragment (ici Gérasim Luca en Italique)

Entre vous dans l'été 
Un désir ophtalmique
Soudainement retrouvé
Une chance canonique 
Contrecarré sur toi
Tourne-versée vers moi
Le sexe en toile de tente
Et ton corps chamanique
Tu m'étoile filante
Tu me volcanique
Nous nous pulvérisable 
Explosé dans la nuit
Un amour impensable 
Qui comble notre ennui

M. De Robert
Éros #3
Forêt extérieur jour
consigne d'écriture : exploration d'un fantasme...

Des raies de lumière strient le chemin de boue séchée. Paul et Pauline, entièrement nus, sac sur le dos avance ntlentement en regardant où ils posent les pieds. Des flaques formées par l'averse matinale les forcent parfois à se tenir du bout des doigts pour contourner l'obstacle. L'humus sature l'air. Nouvelle flaque à contourner. Elle déborde des ornières. D'un mouvement sec, Pauline déséquilibre Paul qui tente de se redresser mais trébuche et glisse de tout son long dans l'étendue d'eau terreuse. Pauline, hilare, se moque de lui. Mi-amusé, mi-vexé Paul saisit brusquement la main de Pauline et la ramène à lui. La chute de Pauline éclabousse le visage de Paul. Il immobilise Pauline par les épaules et s'esclaffe : "Tel est pris qui croyait prendre!". Il lui couvre le visage de boue. Pauline riposte en frottant son genoux ruisselant dans l'entrejambe de Paul. Ses va-et-vient sont doux et insistants. La pression des mains de Paul s'adoucit elle aussi. Il savoure les yeux mi-clos ce massage improvisé. Il se hisse au niveau du buste de Pauline et badigeonne ses seins de son pénis pinceau.
wolf, animal, wildlife
Galand de Liso
Éros #1
Tu m’aides à ranger ?
consigne d'écriture : scène de sexe dans un décor imposé, la cuisine.

Sophie est penchée dans le bac à légumes du frigo. Elle sent d’abord des mains sur ses hanches. Elle se redresse, et avale la bouche de David en se tournant, le prenant par surprise. Elle le repousse, tout en restant collée à sa bouche, ferme le frigo d’un coup de talon, et le plaque contre le plan de travail. Sa langue occupe tout l’espace buccal. Elle entraîne doucement la sienne. Il se ressaisit, lui prend les fesses à pleines mains, relève sa jupe et retourne la situation. Elle est plaquée sur le plan de travail à présent. Elle le sent durcir contre elle. Lui laisse passer la main entre ses cuisses et commencer à la caresser doucement. Elle presse à son tour le sexe de David à travers le pantalon. Il s’affole. Prend ce qui lui tombe sous la main. Elle sursaute en sentant la fraîcheur de l’objet qui se frotte à elle et tente de s’introduire. Elle sent son excitation s’accroître tout en comprenant que David s’est saisi d’une carotte.
Jimz Lust
Éros #1
Gaïa
consigne d'écriture : surpris dans le feu de l’action, lieu dans la forêt

Gaya se réveille tranquillement. Elle est confortablement installée sur son lit de terre humide, sa tête posée sur un oreiller de mousse sauvage au creux des racines dans un grand arbre. Elle s’étire, en remuant sensuellement son corps qui s’enfonce légèrement dans la terre. Elle ouvre les yeux, des arbres à perte de vue. Elle se lève, respire l’odeur intime de la forêt, son antre, univers de vie, son terrain de jeu. Elle se dirige pas à pas vers le ruisseau, le plat des pieds sur l’herbe encore fraiche grâce à la rosée matinale. La forêt dors encore, « c’est l’heure de me réveiller », dit-elle en rougissant. Alors elle plonge son corps dans l’eau presque gelée, des frissons l’envahisse. Elle court vers un buisson sur lequel elle frotte délicatement sa peau nue pour se sécher. Elle grimpe ensuite à un arbre, en s’agrippant aux lianes, elle escalade de plus en plus haut jusqu’à atteindre la branche désirée. La paysage est à couper le souffle, un horizon verdoyant. Les premiers rayons du soleil caressent sa peau. Gaia ferme les yeux et enjambe une branche, resserre ses cuisses autour du tronc de l’arbre. Puis ses bras enlacent également le tronc, sa tête vient se lover dans le creux de l’arbre. Toutes ses lèvres embrassent l’écorce au rythme des pulsions qui naissent dans son corps. Un jouissement mélodieux vibre dans l’ensemble de la forêt. Lorsqu’elle réouvre les yeux, les milles et un êtres vivants de cette forêt, oiseaux, écureuils, insectes, végétaux, tous réveiller par le jouissement de cette femme arbre, ont les yeux fixés sur elle. La forêt entière a été témoin de cette étreinte érotique hors du commun.
Lorelei Gaunn
Éros #4
Une rencontre empoisonnée
consigne d'écriture : écrire à partir d'une image.

Il était 17h45 lorsque qu’elle regarda l’heure sur son téléphone, c’était l’heure de pointe dans les transports en commun parisiens. Léonor étouffée sous mon masque qui lui collait à la peau. Ses mains, moites à cause de la chaleur et également collante après avoir enchainé les lavages de mains au gel-antibactériens depuis près de 7 heures du matin, heure à laquelle sa journée avait commencé. Elle ressentait un mal être physique à cet instant, debout dans le métro parisien. Ce mal-être faisait écho au mal-être moral car elle n’arrivait pas non plus à penser positif. A cet instant, son cœur battait sans faire un bruit. Ça pour penser, elle pensait. Tout son être avait l’air plongé dans une réflexion sans pareil, ses yeux étaient vides de toutes émotions. Pourtant, il ne lui restait plus que quelques minutes à attendre et quelques pas à faire avant de pouvoir rencontrer Lydie. Léonor l’avait rencontré sur les réseaux sociaux quelques mois auparavant. Elles fleurtaient toutes les deux depuis début Mars, mais l’occasion de se rencontrer IRL ne s’était jamais présentée pour les deux jeunes filles, notamment en raison du confinement. Malgré les semaines passées sans pouvoir se voir, des semaines uniquement rythmée de mots et de quelques photos, Léonor était tombée sous l’emprise du charme de la jeune fille. Malgré l’écran qui les séparée, elle était tombée amoureuse de Lydie. C’était la première fois qu’elle ressentait tant d’émotions à la fois se bousculer dans son corps, son esprit et son cœur. Chamboulée par la situation et à la fois excitée de la rencontrer enfin, Léonore, impatiente, appréhendée cette rencontre. Son cœur se mit à battre plus fort, une mélodie de battement se dégagée poétiquement de sa poitrine. Tout son corps désirais de découvrir réellement Lydie. Elle voulait toucher ses cheveux, son visage, ses mains. Sentir pour la première fois son parfum, en embrassant son coup. Mesure la température de sa peau en embrassant son front. Déguster une nouvelle saveur en goûtant ses lèvres. Il était 18h lorsque Léonor entra dans le Jardin du Luxembourg, sous le grand bleu et un soleil lumineux. Sous son corps entier les battements résonnés, de plus en plus fort, de plus en plus vite, au rythme d’un tango amoureux, son cœur dansé. Une intense résonnance assourdissante, un brouhaha d’émotions. Il battait si sauvagement, que quelques instants plus tard, son cœur manqua un battement. Son souffle s’atténua sous la bouche masquée. Lorsqu’elle vu Lydie, alors que son corps souhaitait avec tellement d’élan de s’approcher encore d’un mètre, elle du reculer. Léonor se sentie tout d’un coup comme empoisonnée. La Covid lui interdit de gouter au bonheur, alors elle se noya dans les yeux couleur émeraudes de Lydie.
Lorelei Gaunn
Éros #2